C’est ainsi que l’on apprend au « Quartier Français » et à la Francothèque!

La Francothèque est un endroit unique.  On peut y rencontrer des écrivains, des artistes, des chanteurs, des architectes, des acteurs, des professeurs. Aujourd’hui on a la chance de parler avec le directeur de l’école « Le Quartier Français », notre bon partenaire, Clément Demiaux.

– Bonjour! Nous sommes heureux de vous voir chez nous. Aujourd’hui « Le Quartier Français » et la Francothèque sont une bonne équipe francophone mais où avez-vous entendu parler de la Francothèque pour la première fois?

La première fois, ça devait être sur Internet. La Francothèque a pris part au festival de la Francophonie en Mars 2017. J’ai vu l’annonce sur Facebook, et sur TimePad. C’était « Salon des cultures francophones 2017 ». Depuis lors nous coopèrons, nous travaillons sur des projets culturels différents.

– Quelles activités organisez-vous à la Francothèque?

Il y en a beaucoup. On a les ateliers réguliers tels que « Grammapédia », «Potion de culture» – une conférence autour de la culture française; le speed dating en français; «Mieux apprendre» – un atelier pédagogique sur des méthodes d’enseignement. À côté de ça on a de petits ateliers qui ont lieu de temps en temps. Par exemple, un atelier linguistique «Le français tel que le parlent les Français». On fait aussi des clubs de conversation : «Vox populi», «Grain de Sagesse», ce sont des modules au format nouveau. Mais pour l’instant le projet le plus important, c’est le projet avec les enfants.

Donc vous organisez des activités culturelles non seulement pour les adultes mais pour les enfants aussi?

Oui, on commence. Le 30 septembre on a fait une journée portes ouvertes pour les enfants de 6 à 16 ans. Cet événement a été assez large. On a essayé de savoir quelle tranche d’âge est la plus intéressée. Notre but est de proposer à chacune des après-écoles régulières à la Francothèque pour que les enfants suivent un enseignement français qui est complémentaire à leurs cours.

– Ces activités sont-elles pour les enfants qui déjà parlent un peu français ou pour tous?

– D’habitude, les enfants qui viennent apprennent le français à l’école. Leurs parents leur envoient ici pour que la langue soit pratiquée, soit maitrisée. Mais on prévoit aussi des choses pour des enfants qui ne parlent pas français du tout.

– Dans votre école « Le Quartier Français » les étudiants de quel âge sont les plus nombreux? Les enfants ou les adultes?

– Pour l’instant on ne reçoit que des adultes à notre école.  Parmi les adultes ce sont les femmes de 25-35 ans qui sont les plus nombreuses comme dans tous les écoles de français, je pense.

– Qu’est ce qu’il y a d’original dans vos méthodes d’enseignement? Par quels principes êtes-vous guidés?

C’est une approche plus ludique de l’enseignement. Je crois qu’on peut bien apprendre avec des méthodes plus différentes, plus actives: à travers des jeux, à travers des activités créatives et sociales. L’originalité, c’est que la plupart des professeurs sont natifs et que l’apprentissage n’est pas isolé, ce n’est pas uniquement éducatif, c’est toujours relié à quelque chose de culturel.

Il est impossible d’apprendre la langue sans la culture?

– C’est mieux de l’intégrer, bien sûr. On peut apprendre la langue sur un livre, mais plus tu te mets en situation d’apprentissage, plus tu peux le contextualiser, mieux tu vas l’apprendre parce que tu vois une raison de le faire. Si tu es devant un livre, ton cerveau va simplement résoudre un problème dans un exercice, par exemple, un texte à trous où on doit mettre les prépositions qui conviennent. Mais si l’apprentissage est inclu dans un réseau, ça donnera de raison d’apprendre : pour pouvoir parler avec des Français que tu vas voir au speed dating, pour venir écouter une conférence qui aura lieu à la Francothèque. On essaye de développer un réseau francophone et francophile pour que l’apprentissage ne soit pas isolé.

– Et les professeurs de votre école, natifs et russes, parlent-ils russe pendant les cours de français?

– Ça dépend du niveau. Idéal, c’est d’utiliser le plus possible le français mais point principal pour la communication, c’est d’être compris. Si les élèves ne peuvent pas comprendre tout en français, on utilise le russe. Tous les professeurs parlent plus ou moins russe et ils utilisent le langage avec lequel ils auront le plus de succès. Mais bien sûr le tout est de se rapprocher du français et de l’utiliser au maximum.

– Pour être compris il faut bien prononcer des sons, n’est-ce pas? Est-ce qu’il y a des exercices de la prononciation?

On insiste sur la prononciation pour le niveau débutant. En donnant aux élèves un très bon professeur de prononciation dès leur début on espère qu’il y aura moins de travail après. La prononciation, c’est un domaine dans lequel on doit travailler et on doit corriger des défauts qui sont restés chez les élèves des niveaux supérieurs. Il y a des gens qui ne savent pas prononcer des sons. Il faut les répéter plusieurs fois pour obtenir un bon résultat. Parfois ça suffit, parfois pas et il faut faire des exercices physiques devant le miroir. Je pense que ce sont des professeurs russes qui doivent enseigner ça parce qu’ils ont dû le faire eux-mêmes. Aujourd’hui pour la prononciation on utilise des virelangues et des exercices théâtrales.

– Après quel temps les étudiants commencent à parler français?

Ça dépend de la motivation. On ne peut pas faire un miracle. On peut proposer une bonne équipe pédagogique, des méthodes innovantes mais le tout, c’est que l’élève a envie d’apprendre. En fait la qualité principale d’un bon professeur, c’est donner l’envie, le goût, la passion et après tout dépend de l’élève. On essaie de créer un cadre de qualité. Mais on ne va pas essayer de se vanter en disant: «Voilà, chez nous vous allez apprendre à parler en français en 3-6 mois ». C’est purement commercial. Ça correspond pas à la réalité parce que beaucoup dépend de l’élève.

– Comment pensez-vous, peut-on apprendre plusieurs langues en même temps?

– Je pense que le cerveau a des énormes capacités. On pourrait apprendre plusieurs langues en même temps. Le but après, c’est de bien les différencier. Il y a des enfants qui ont des familles bilingues. Ils apprennent énormément de mots mais après ils ne savent plus à quelle langue ils appartiennent. Mais c’est différent pour les adultes. Ça dépend des priorités qu’on a en fait. Si on doit partir en France, il faut savoir porter ses efforts sur une langue plus qu’une autre mais je ne pense pas qu’il y a d’obstacles dans le fait d’apprendre 2-3 langues en même temps. Peut-être qu’il faudrait de la pratiquer pour que le cerveau développe cette capacité de passer d’une langue à l’autre sans aucun problème. Par exemple, quand je suis arrivé en Russie j’utilisais principalement le français et l’anglais mais au fur et à mesure du temps mon russe s’est développé et maintenant il y a des gens avec qui je parle qu’en anglais d’autres qu’en français et d’autres qu’en russe. C’est un exercice qui est devenu facile pour moi, de passer d’une langue à l’autre sans problème. Mais ça demande de la pratique. Donc c’est vrai que pour ces gens qui apprennent plusieurs langues en même temps l’idéal c’est de pouvoir les pratiquer autant l’une que l’autre pour justement dévélopper cette capacité à bien séparer les langues dans son esprit, séparer le vocabulaire pour ne pas les mélanger.

– Et on a beaucoup d’activités culturelles à la Francothèque pour pratiquer les langues. Attirent-elles des gens à l’école de français? Peut-on dire que de plus en plus de gens s’intéressent à la culture francophone?

– Oui, bien sûr. Il y a beaucoup d’élèves qui ont été intéressés par nos activités grâce à la Francothèque. On a de plus en plus de modules différents, de plus en plus d’activités qui captivent, qui font sourire et c’est comme ça qu’on apprend le français au Quartier Français et à la Francothèque.

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